L’adrénaline à Binche et au Pays Vert

Matches de Coupe de Belgique intégrés au programme du week-end ou clubs touchés par le Covid-19, la première journée de championnat se résume à une seule affiche : promu, Binche reçoit le Pays Vert, pour un coup d’envoi sous le signe des retrouvailles. Le manager de la RUS, Laurent Vanduille, a débuté dans cette fonction à Ath.

Laurent, le championnat, enfin ! Hâte d’y être ?
Oui, on a envie de s’y mettre : nous traînons la frustration de ne pas avoir fêté notre titre. Ça a trotté dans les têtes : quand tu réalises une saison comme la nôtre, avec vingt points d’avance à sept journées de la fin et l’occasion d’être champion juste au moment où la crise éclate, c’est un peu comme si, au dessert, on te présente le gâteau et on se barre avec ! Nous sommes dans les starting-blocks, dans un stade remis à neuf par nos bénévoles !
En plus, ce premier match est spécial pour vous…
Je n’oublierai jamais les quatre années au Pays Vert, avec deux montées en trois saisons. Je vais en plus un peu retrouver le même groupe que celui côtoyé à cette période. Il y a pas mal de gens que je serai très content de revoir, mais pendant une heure trente, nous ferons abstraction de tout contexte amical.
Toujours en contact avec les Athois ?
Je suis parti à la fin du mercato hivernal après la montée en D3, en janvier 2019, pour un choix de vie, des raisons personnelles et au vu des déplacements, certainement pas pour être à Binche quatre mois plus tard. Donc je ne suis pas parti en mauvais termes ! J’ai quitté un club stable, au meilleur moment. J’ai encore le président régulièrement au téléphone, ou cinq, six joueurs, comme François Dubois, Arnaud Mercier, Sven Leleux… L’ancienne garde : on ne parle pas du match, c’est davantage le Covid qui occupe les esprits, avec une question : la compétition va commencer, mais va-t-elle continuer ?
Espérons qu’il s’agit du 1 er match d’une longue série.
Nous devrions avoir droit à du bon spectacle, avec deux équipes de qualité égale, sur notre nouveau terrain élargi de cinq mètres pour des raisons de conformité, ce qui plaira aux Athois, physiques.
D’Ath à Binche, des points communs, des différences ?
À Binche, le potentiel public est énorme. Nous avions fait 700 entrées contre Monceau, choc de la première tranche. Je ne pense pas qu’il y ait eu autant de monde lors du titre à Ath ! Par contre, il y a là-bas un projet jeunes en place depuis longtemps : Paternotte, Bourlart, Ritiere… Ajoutez Fiévez, Dubois ou Sam Leleux qui n’ont connu qu’un seul club ! Qui peut en dire autant en D3 ? Le Pays Vert est un exemple à suivre. Par ailleurs, ce sont aussi deux villes de folklore. Et deux clubs avec des vestiaires très forts en esprit de corps, en solidarité. Cela se traduit lors des après-entraînements du jeudi, ou par le fait de se voir hors de la sphère sportive. Et c’est aussi comme cela que les clubs ont su rejoindre la D3. L’équipe qui sort de P1 n’est pas celle qui a le plus de talents individuels, mais les vestiaires les plus forts, comme Binche ou Ath, où je parlais souvent des ‘gentils salopards’. Sinon, Monceau aurait été champion chaque année.
Le Pays Vert a peu changé lors de la montée. À Binche, vous avez injecté de l’expérience…
Nous avons eu pas mal de départs à compenser car certains n’étaient pas prêts à repartir dans un cycle de nationales. Nous avons pu engager Kaminiaris, ou Vanderlin, que j’ai connu au RGA la première année en D3. Quand il a fallu un défenseur axial, j’ai pensé à lui, même s’il sortait d’une saison difficile. Lui, Gnakpa : des revanchards ! Il y a aussi de bonnes pioches, tel Dell’Aquila, qui était le meneur de jeu du Rœulx et qui sort d’une bonne prépa. Enfin, des jeunes prometteurs comme Despontin ou Debelic, venus de la RAAL. Bref, nous n’avons pas su œuvrer dans la continuité, mais nous avons effectué un recrutement raisonné, pour refaire le même mix que l’an passé, alliant les qualités foot et humaines.
À quel genre de match vous attendez-vous ?
D’Acchille et Hempte, deux anciens défenseurs, connaissent le boulot ! Dans le club, on ne m’a pas demandé de rapport, mais le Pays Vert devrait venir avec son traditionnel bloc bas pour tirer profit de ses flèches… Nous devrons faire le jeu, à la maison, mais aussi redoubler de vigilance. Personne ne fera de cadeaux. Nous avons commencé la prépa le 21 juillet, les Athois le 7 : mentalement, il est temps d’arriver à la compétition et à son adrénaline !
Et à quel après-match ?
Il y aura des verres, nous en avons déjà discuté : la première tournée sera la mienne. J’ai aussi invité des bénévoles du Pays Vert en avant-match, des clubmen que je remercie vraiment !
Stéphane Dupuis – SudPresse Sports – 19/09/2020